RAPPORT PRÉLIMINAIRE

MISSION D’ÉVALUATION DE L’IMPLANTION DU SYSTÈME LMD
DANS LES IES PUBLIQUES GUINÉENES
PROJET UQAM-PADES/EPT

Introduction

Au terme des travaux du contrat de l’accompagnement par l’UQAM du ministère de l’enseignement supérieur de Guinée dans la réforme de ses programmes, un avenant a été signé. Cet avenant a permis de prolonger l’accompagnement de l’UQAM pour assurer l’implantation effective du LMD en Guinée par :
• Le renforcement de la formation des enseignants en pédagogie des grands groupes,
• L’appui à la mise en place des services de scolarité,
• La formation dans leur nouveau rôle des directeurs de programme et
• L’application du règlement des études par les différents acteurs du système éducatif.

Les différentes activités programmées ayant été réalisées (voir rapports spécifiques de : R. Trépanier, J.L. Raymond, R. Trépanier et M. Bédard, M. Plaisent), il a été jugé opportun de procéder à une évaluation du succès du LMD, un an après son implantation, les objectifs étant d’établir jusqu’à quel point a progressé la mise en place du nouveau système proposé et de déterminer les aspects sur lesquels des efforts doivent être faits par le Ministère, les établissements, les facultés, les départements et les services.

À cet effet, un guide d’entrevue a été élaboré à l’UQAM et une autoévaluation a été organisée par le PADES auprès des institutions guinéennes. Ces documents, contenus en annexe, devaient permettre aux membres du comité de faire les bons constats et de formuler les recommandations appropriées.

Il a été décidé d’un commun accord que l’évaluation serait faite par une équipe composée paritairement de guinéens et de canadiens. La partie guinéenne était représentée par 2 cadres de la Direction nationale de l’enseignement supérieur M. Alpha Ibrahima Camara et M. Gadirou Diallo et la partie canadienne était représentée par le Professeur Claude Hamel et M. Jean-Philippe Gingras. L’ensemble des travaux a bénéficié par ailleurs de l’accompagnement des membres du comité de passage au LMD et du directeur pour l’UQAM du projet.

Comme convenu avec le comité de passage au LMD, les travaux d’évaluation ont consisté dans des rencontres avec les rectorats des universités de Conakry et de Sonfonia, des visites de salles de classe et de laboratoires et des focus-groupes avec les enseignants, les étudiants, les directeurs des programmes et des chefs de service de scolarité. Voir notamment en annexe : Les questions du Guide d’entrevue, le calendrier de la mission et la liste des participants.

Le rapport que nous présentons s’articule autour de cinq thèmes jugés centraux par le comité d’évaluation :

1. La sensibilisation et la compréhension du système LMD
2. Le règlement des études
3. Les programmes d’études
4. La pédagogie universitaire
5. Les services de scolarité

Chaque rubrique fait l’objet d’un constat suivi, le cas échéant, de recommandations. Ces recommandations sont regroupées à la fin du rapport.

Au terme d’un séjour chargé, le comité tient à remercier pour leur collaboration tous les acteurs impliqués dans cette évaluation. La mobilisation était remarquable même en cette période de fête. Nous saluons aussi le caractère paritaire de cette évaluation.

1) Sensibilisation, compréhension du système LMD

L’implantation du système LMD dans les IES a été précédée par un long et minutieux travail d’information, de sensibilisation et de formation des enseignants chercheurs, du personnel d’appui scientifique et technique, ainsi que du personnel d’encadrement pédagogique de l’ensemble des IES. La formation de ces différents types de personnels et encadreurs pédagogiques a porté sur le règlement des études, la pédagogie universitaire, la gestion des appuis scientifiques et techniques. Elle s’est révélée efficace aux yeux du comité d’évaluation. Les personnes rencontrées durant cette mission ont toutes confirmé avoir été informées et sensibilisées à l’implantation du LMD. Le comité souhaite féliciter les agents multiplicateurs qui ont su rejoindre ainsi tout le personnel impliqué dans LMD.

Par ailleurs, le comité a noté que certaines dimensions du LMD, entre autres toute la question qui concerne le cheminement des étudiants et la promotion par matières, étaient moins bien saisies par les enseignants et les étudiants. En outre, il a été soulevé que les nouveaux enseignants qui n’ont pas pu avoir accès aux ateliers de formation ne disposent pas réellement d’outils leur permettant de se familiariser avec le LMD. Dans certaines IES on compte identifier officiellement des ressources LMD. Le comité encourage ces initiatives. Ainsi, nous recommandons que

Recommandation 1
Chaque institution se dote d’un mécanisme interne de vulgarisation du LMD. Cela peut notamment se traduire par la nomination d’une personne au niveau de l’institution ou d’une personne dans les facultés de chacune des institutions universitaires.

Lors des groupes focus, dans la majorité des groupes on a soulevé comme problématique le manque d’information disponible aux étudiants au sujet du LMD lorsqu’ils sont au lycée. Les étudiants ont exprimé le souhait d’avoir davantage d’informations afin de pouvoir faire un choix judicieux de programme et d’être mieux préparés aux exigences du LMD. Il semble également que les étudiants du lycée ne connaissent pas toutes les possibilités des programmes d’études qui leur sont offerts dans le cadre du LMD. Suite à ces constats, le comité recommande que

Recommandation 2
Le système éducatif guinéen s’assure que le système LMD ainsi que les programmes d’études disponibles soient présentés aux étudiants du lycée avant d’effectuer leur choix pour un programme universitaire.

2) Règlement des études

Globalement, le règlement des études est connu par les divers acteurs. Le Comité a constaté que les responsables administratifs ont une meilleure connaissance du règlement, alors qu’enseignants et étudiants en ont une connaissance plutôt variable. Nous avons rencontré des enseignants et des étudiants qui nous ont mentionné avoir pu le consulter et d’autres qui semblaient presque en ignorer l’existence. Le règlement des études constitue une des pierres d’assise du système LMD et le comité juge important qu’il soit diffusé le plus largement possible. Par ailleurs, nous sommes conscients, comme nous l’ont fait remarquer plusieurs personnes, que ce texte réglementaire est très lourd et détaillé et qu’il n’est pas nécessaire que tous les gens évoluant dans le LMD le connaissent dans son fin détail.

Toutefois, considérant le rôle de première ligne que jouent les enseignants dans le système LMD et qu’ils sont les premières personnes vers qui l’étudiant se tourne en cas de question, le comité recommande

Recommandation 3
Qu’une copie intégrale du règlement des études soit remise à chaque enseignant.

Pour les autres acteurs, notamment les étudiants, nous croyons qu’il serait porteur de produire un document synthèse qui présenterait des extraits clés du règlement, notamment sur le cheminement des études. C’est pourquoi nous recommandons

Recommandation 4
Qu’un document synthèse du règlement des études qui met l’accent sur les éléments importants du cheminement des étudiants soit produit et remis à chaque étudiant lors de son admission.

Finalement, il a été porté à l’attention du comité que certaines dimensions du Règlement ont été difficilement applicables lors de cette première année d’implantation en raison de contraintes diverses. Le comité encourage toutes les IES et leurs acteurs à persévérer dans l’application de ce Règlement. Il aurait été très surprenant que toutes les dimensions du Règlement puissent être respectées dès la première année d’implantation. Cependant, il est important de ne pas se décourager et de ne pas laisser tomber certains éléments du règlement. Il faut poursuivre la mise en application de ce règlement au maximum et toujours en viser l’application complète à chaque année afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles du système LMD.

3) Programmes d’études
a. Mécanismes et procédures d’accréditation

Au sujet des mécanismes et procédures d’accréditation, le comité constate que le système est encore tout jeune et en période de rodage. Il semble que la première année de chacune des licences se soit déroulée conformément aux programmes accrédités et qu’aucun problème majeur relatif à la structure des programmes ne soit survenu. Toutefois, le comité a quelques inquiétudes sur le respect des mécanismes et procédures d’accréditation. Lorsque questionnés, les divers acteurs, responsables administratifs et enseignants, n’ont pas semblé au fait de ces mécanismes et procédures. Il nous semble très important que les programmes ne soient pas modifiés derrière une porte close à l’insu des IES. Éventuellement, les responsables de programme souhaiteront modifier certaines dimensions de leur programme, les IES devront être vigilantes et s’assurer d’être tenues au courant de ces modifications. Un contrôle de qualité s’impose si on veut maintenir une offre de formation pertinente. Ces modifications devront aussi être portées à la connaissance des instances centrales pour approbation afin de maintenir la cohérence et la complémentarité des formations sur le territoire de la Guinée. En conséquence, le comité recommande

Recommandation 5
Que les textes réglementaires régissant les mécanismes et procédures d’approbation soient finalisés et diffusés à grande échelle dans toutes les IES.

b. Admission et inscription

Le comité s’est réjoui de la suppression du concours pour l’admission. L’implantation du processus d’admission sur la base des notes obtenues au lycée et sur les choix faits par les étudiants est une étape importante qui est franchie dans l’implantation du LMD. Cela dit, il a été porté à l’attention du comité que le processus centralisé de l’admission et de la ventilation des effectifs ne s’est pas fait dans le respect de la procédure déterminée par le Règlement des études, ce qui a soulevé de nombreux problèmes lors de cette première année d’implantation. Le nombre d’étudiants admis dépasse largement les capacités d’accueil des IES : c’est le problème principal. Selon le comité, l’implantation du système LMD donnera de bien meilleurs résultats si les capacités d’accueil des IES publiques sont respectées. Par ailleurs, le comité est pleinement conscient de la difficulté à laquelle sont confrontés d’une part le Ministère qui reçoit des demandes d’admission en très grand nombre et qui a la pression des bacheliers qui souhaitent tous accéder à l’enseignement supérieur et, d’autre part, les IES publiques qui ne disposent pas des ressources humaines et matérielles pour accueillir autant d’étudiants. Le Comité s’est largement questionné sur les pistes de solution à envisager pour cette question. Dans un premier temps, il s’avère essentiel d’augmenter les capacités d’accueil de la plupart des IES publiques par l’ajout de ressources humaines et matérielles. Dans un deuxième temps, les IES privées doivent être mises à contribution et ce dans le respect des critères de qualité et de pertinence qui ont présidé à leur autorisation d’opérer. Par ailleurs, dans les programmes de sciences en particulier, la réduction du nombre d’étudiants est sérieusement à considérer pour ne pas compromettre la qualité de la formation. À cet égard, le respect des capacités d’accueil de chaque programme est un élément central pour maximiser les retombées du système LMD. C’est pour cette raison que nous recommandons

Recommandation 6
Que chaque IES détermine la capacité d’accueil de chacun de ses programmes et convienne avec le ministère d’un nombre raisonnable de nouvelles admissions annuelles.

c. Cours

Au sujet des cours, les enseignants et les étudiants rencontrés ont témoigné d’une amélioration de la qualité de l’enseignement. Une grande part de cette amélioration a été attribuée à la création et l’utilisation systématique de plans de cours. Cet outil est apprécié de tous et semble bien implanté dans toutes les IES. Le comité félicite tous les enseignants et les dirigeants qui ont réussi cette implantation. Nous les encourageons à maintenir cette pratique. Par ailleurs, il a été noté qu’en raison des effectifs pléthoriques certains étudiants n’avaient pas accès aux plans de cours. Bien qu’il s’agisse d’une minorité, il est important de s’assurer que tous puissent avoir accès à cet outil.

d. Gestion du programme

Le comité a constaté avec satisfaction que les directeurs de programme ont été nommés et que les comités de programme ont été constitués. Cependant, il a été constaté qu’ils n’ont pu exercer pleinement les mandats qui leur avaient été confiés principalement en raison de l’absence d’une reconnaissance officielle du travail administratif accompli. De plus, l’absence d’un local pour la direction du programme réduit les possibilités pour l’étudiant d’être conseillé adéquatement pour son cheminement ou pour toute autre question relative au programme. En outre, il a été porté à l’attention du Comité que les postes de chefs de chaire et de filière ont été supprimés et que leurs responsabilités sont dorénavant assumées par les directeurs de programme. Ainsi, le comité recommande

Recommandation 7
Que le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique reconnaisse par un acte officiel les directeurs de programme et que les ressources nécessaires à la réalisation de leur mandat soient mises à leur disposition.

Le comité a aussi noté plusieurs interrogations de la part des enseignants et des étudiants sur la question des échecs et de la poursuite des études à chaque semestre. Il a été porté à l’attention du Comité qu’un étudiant ayant eu un certain nombre d’échecs, par exemple deux, au Semestre 1 pourrait se voir inscrit à 7 cours (matières) au semestre 3 de cette année. Il s’agit ici d’une mauvaise interprétation du Règlement des études qu’il conviendra de corriger. Un étudiant ayant subi un certain nombre d’échecs doit suivre nécessairement un cheminement particulier qui doit être proposé par la direction du programme. Il est essentiel de fournir aux étudiants des conditions favorisant leur réussite scolaire.

Recommandation 8
Que les dispositions réglementaires relatives à la modulation du cheminement de l’étudiant qui rencontre des difficultés soient plus systématiquement mises en œuvre par les directions de programmes.

e. Organisation des semestres

Le comité a pu constater que le système de semestres a bien été implanté et respecté dans la mesure du possible. Dans les cas où les semestres n’ont pas pu avoir une durée de 15 semaines, la plupart des enseignants ont fait preuve de créativité et ont mis en place des mesures de rattrapage diverses, notamment la création, par des enseignants, de groupes d’étudiants responsables de restituer divers chapitres à la classe. Par contre, ces mesures de rattrapage n’ont pas semblé systématiques et équivalentes dans tous les cours. Plusieurs étudiants ont d’ailleurs fait remarquer que les objectifs fixés par les plans de cours n’étaient pas tous atteints. C’est pourquoi le comité recommande

Recommandation 9
Que la durée des semestres soit respectée et que, dans les cas d’interruption, des mesures de rattrapage soient mises en place et validées par les autorités appropriées.

Nous tenons également à signaler qu’il semble y avoir un déséquilibre entre le semestre 1 et le semestre 2, surtout pour les étudiants de première année qui font leur rentrée en janvier. Le comité est conscient des contraintes qui entourent la rentrée universitaire des étudiants de première année, mais il nous apparaît important que des efforts soient faits afin de mettre en place un calendrier universitaire uniforme, où les étudiants de première année débutent leurs cours au même moment que les étudiants des autres années.

f. Évaluation et notation

Le comité se réjouit de constater que les exigences réglementaires relatives au nombre d’évaluations ont été respectées dans la plupart des cas. Les perturbations vécues au Semestre 2 ont demandé des aménagements quant à cette dimension, mais dans l’ensemble les objectifs fixés ont été atteints. Par ailleurs, le comité a questionné les différents groupes sur les pratiques mises en place pour l’évaluation dans les grands groupes. Nous avons été heureux de constater que les institutions visitées ont démontré des pratiques intéressantes dans les cas d’évaluation dans les grands groupes. Entre autres, certains enseignants ont divisé leur groupe en plusieurs équipes qui avaient un thème à présenter à la classe. L’exposé exigeait la participation de tous les membres de l’équipe et chacun était noté individuellement sur sa performance. Par ailleurs, le comité a noté l’inquiétude de plusieurs participants quant à la possibilité pour un étudiant plus faible de profiter des travaux de groupe pour augmenter ses notes et accéder à la matière supérieure. Cette problématique est présente dans tous les systèmes LMD. Parmi les solutions utilisées mentionnons : l’exigence d’une note de passage dans la moyenne individuelle; la diminution de la pondération des travaux de groupe, etc. Toutefois, ces pratiques ne semblent pas être répandues dans tous les programmes.

Dans tous les cas, le comité constate que plusieurs bonnes pratiques d’évaluation dans les grands groupes sont présentes dans les IES et mériteraient d’être partagées afin que tout le corps enseignant soit efficace dans ses évaluations en grand groupe. Le comité recommande donc

Recommandation 10
Que toutes les institutions s’assurent que tous leurs enseignants soient formés et outillés pour l’évaluation des grands groupes.

g. Ressources

Le manque de ressources est connu de tous et a été constaté par le comité. Cela dit, le comité retient deux points centraux associés aux ressources :

1- L’essentiel des ressources allouées aux IES publiques sont réservées aux transferts sociaux sous la forme de bourses aux étudiants.

2- Une partie des ressources disponibles ne semblent pas être exploitées à leur pleine capacité. Il serait souhaitable que les IES publiques assurent une meilleure utilisation et gestion des ressources en place actuellement.

Recommandation 11
Le comité recommande que les IES bénéficient d’une augmentation importante des ressources humaines et matérielles. Celle-ci passe nécessairement par l’augmentation de la part du budget national consacrée à l’éducation.

À cet égard, le comité se permet de souligner que la part du budget national guinéen consacrée à l’éducation est une des plus faibles de la sous-région.

4) Pédagogie universitaire

Le comité a constaté que les formations en pédagogie universitaire ont porté fruit. Les agents multiplicateurs ont effectué du très bon travail. Le comité se réjouit de constater que les pratiques pédagogiques ont évolué avec l’implantation du LMD. Tel que mentionné précédemment, le plan de cours s’est révélé être un outil très utile et très apprécié. Il faut continuer d’encourager le développement pédagogique au sein des programmes du LMD.

5) Services de scolarité

Le comité a constaté que le logiciel de gestion du dossier étudiant développé par l’UQAM avec la collaboration des chefs des services de scolarité de la Guinée dans le cadre du projet LMD a été implanté efficacement dans quelques IES. Afin que les services de scolarité puissent assumer les responsabilités qui leur sont confiées en application du Règlement des études, il est essentiel que tous les services de scolarité soient équipés adéquatement et utilisent le même système de gestion du dossier étudiant. Le comité croit en effet que le développement des systèmes informatiques devra se faire d’une façon coordonnée sous peine d’un développement incohérent et prohibitif.
Nous recommandons que

Recommandation 12
Chaque IES implante le plus rapidement possible le logiciel de gestion du dossier étudiant développé par l’UQAM avec la collaboration des chefs des services de scolarité de la Guinée dans le cadre du projet LMD et s’assure que chaque service de scolarité soit équipé adéquatement pour répondre à toutes les responsabilités qui lui sont confiées, notamment en mettant à sa disposition des informaticiens qualifiés.

ANNEXES

A1. Questions pour l’évaluation de l’implantation du système LMD en Guinée

A2. Rapport d’évaluation préliminaire pour l’implantation du LMD dans les IES publiques guinéennes.

A3. Calendrier préliminaire des travaux d’évaluation

A4. Participants à l’atelier de restitution

A5. Synthèse des recommandations

A1. Questions pour l’évaluation de l’implantation du système LMD en Guinée

Objectif : Établir jusqu’à quel point a progressé la mise en place du nouveau système proposé et déterminer les aspects sur lesquels des efforts doivent être faits par le Ministère, les établissements, les facultés, les départements et les services.

Mise en place du nouveau règlement des études de premier cycle.
Programmes d’études
• Est-ce que les programmes redéfinis ont été adoptés et implantés?
• Est-ce que les comités et directions de programmes ont été mis en place?
• Est-ce que les descriptifs de cours détaillés ont été développés?
• Est-ce que les annuaires ont été produits?
• Est-ce que les banques de cours informatisés ont été créées?
• Est-ce que les syllabus de cours ont été déposés au département?
• Y –a-t-il eu des programmes nouveaux développés depuis l’examen qu’a fait l’UQAM des programmes renouvelés. Ont-ils été développés sur la base d’un modèle tenant compte des besoins et suite à une enquête sur ces besoins?


Admission sur la base des résultats au lycée
• Est-ce que les modalités de transmission des informations entre les deux ordres d’enseignement ont été mises en place?
• Est-ce que l’on a maintenu un traitement centralisé des admissions?
• Est-ce que les informations de l’admission sont incorporées au dossier des étudiants?


Organisation des sessions
• Est-ce que les sessions débutent à temps?
• Est-ce que les sessions durent quinze semaines?
• Est-ce que l’offre de cours est faite par session ou sur une base annuelle?

Inscription
• Est-ce que l’inscription est supportée par un système informatique?
• Est-ce le nouveau système développé par l’UQAM un ancien système local?
• Est-ce que la sanction graduée est prise en compte lors des inscriptions?

Évaluation et notation
• Est-ce que l’évaluation dans les nouveaux programmes est devenue littérale?
• Est-ce que des sanctions graduées ont été prononcées?
• Est-ce que des sanctions ont été prises contre les tricheurs?
• Est-ce que les notes obtenues par les étudiants sont transmises au Service de scolarité et conservées d’une façon sécuritaire?
• Qui communique les résultats aux étudiants et comment?


Pédagogie universitaire
• Les plans de cours sont-Ils présentés aux étudiants des nouveaux programmes?
• Des notes de cours sont-elles disponibles pour les cours des nouveaux programmes?
• Les étudiants considèrent-ils qu’ils ont beaucoup de travail personnel dans les nouveaux programmes? Ou est-ce que les étudiants continuent à être supportés par les professeurs dans des cours d’ateliers, etc. comme leurs prédécesseurs (Tâche d’enseignement considérable qu’il faut bien effectuer!!) Et l’autonomie de l’étudiant….?
• Perception des professeurs formés quant aux changements qu’ils ont effectués dans leur façon d’enseigner? Perception de l’impact de ces changements sur la satisfaction et la motivation des étudiants.
• Perception des étudiants quant aux changements apportés à leur mode d’enseignement par les professeurs formés par rapport à ceux qui n’ont pas suivi de formation?

Perception par les professeurs et directions des difficultés rencontrées dans la mise en place de la réforme

A2. Rapport d’évaluation préliminaire pour l’implantation du LMD dans les IES publiques guinéennes

Comme prévu, le LMD est entré en application dans les IES à partir de l’année universitaire 2007 – 2008 dans les classes de 1ère année. 54 programmes ont été implantés (voir en annexe la liste des 54 programmes et des institutions évaluées).

Cette implantation a été précédée par un long et minutieux travail d’information, de sensibilisation et de formation des enseignants chercheurs, des personnels d’appui scientifique et technique, ainsi que des personnels et encadreurs pédagogiques de l’ensemble des institutions d’Enseignement Supérieur (IES). La formation de ces différents types de personnels et encadreurs pédagogiques a porté sur les règlements des études, la pédagogie universitaire, la gestion des appuis scientifiques et techniques (laboratoire, bibliothèque et service de scolarité). La réalisation de l’ensemble de ces activités répertoriées et planifiées par le Comité de Passage au LMD devrait permettre de s’attendre à des résultats souhaités de l’expérience d’implantation du nouveau cursus de formation.

Cependant comme toute innovation pédagogique, le démarrage du système LMD dans certaines institutions publiques a connu des écueils ayant empêché l’atteinte des objectifs fixés.

Ces écueils apparaissent à travers les réponses aux questionnaires soumis par le comité de passage au LMD à l’ensemble des acteurs, chargés de la mise en œuvre du LMD et relativement au fonctionnement des structures de gestion, d’appui scientifique et technique et à l’application des textes réglementaires de ce système dans les institutions universitaires publiques.

Ce rapport d’évaluation s’articulera sur les points ci-après :
1- Fonctionnement des comités institutionnels
2- Gestion des programmes
3- Gestion pédagogique
4- Gestion des services de scolarité
5- Gestion des bibliothèques
6- Difficultés rencontrées
7- Suggestions et perspectives

1- fonctionnement du comité institutionnel
Les comités institutionnels ont été mis en place par décision et note de service des Recteurs et Directeurs Généraux dès le mois de septembre 2007. Par rapport aux missions assignées, les comités institutionnels ont fonctionné de manière disparate.

Au titre des actions réalisées par les comités institutionnels, il faut noter la campagne de sensibilisation des étudiants à Sonfonia, Mamou, Faranah et Labé, l’organisation des ateliers de restitution des formateurs en pédagogie universitaire et sur les services de scolarité à Sonfonia, Faranah et Mamou. Une campagne de sensibilisation des partenaires professionnels a été organisée à Mamou et à Faranah. Par ailleurs Sonfonia et Kankan ont organisé l’évaluation des enseignements par les étudiants. A la date de la synthèse de cette évaluation, les résultats ne sont pas encore exploités.

Au titre des difficultés, beaucoup de comités n’ont pas élaboré leur plan d’action, ce qui dénote un manque d’attention et de soutien des autorités universitaires par rapport à l’application des textes de création et de fonctionnement des comités institutionnels.

2- Gestion des programmes
Dans l’ensemble, les comités de programme ont été mis en place par décision des Recteurs /Directeurs Généraux et ont fonctionné conformément à leurs mandats, exception faite pour Labé. Les étudiants ont été nommés dans les différents comités de programme de toutes les institutions. Leur participation effective dans le fonctionnement du comité dépend du dynamisme du Directeur du programme. On note que les comités ont été opérationnels et ont réalisé les actions suivantes : collecte et diffusion des plans de cours, suivi de l’exécution des plans de cours, organisation de l’accueil des étudiants.

3- Gestion pédagogique
Exception faite de Labé, les plans de cours ont été mis à la disposition des étudiants. Seuls Boké et Faranah ont réalisé les 15 semaines de cours du 1er semestre ; toutes les autres institutions pour des raisons diverses (perturbation des cours pour des raisons de grève, durée réduite du temps d’apprentissage à cause des missions d’enseignement) ont consacré entre 9 et 12 semaines de cours au 1er semestre.

La taille des groupes pédagogiques est pléthorique dans la plupart des institutions, ce qui affecte la charge des enseignants. Pour palier à cette situation, les institutions ont multiplié le nombre de groupes pédagogiques avec des ressources professorales faibles.

Dans toutes les institutions, le nombre de cours prévu par semestre (5 cours) a été réalisé, ce qui traduit un rythme soutenable dans la programmation du LMD. On observe le cas spécifique de l’ISMG de Boké où il a été programmé 7 cours pour l’année universitaire. Il n’existe aucune information claire quand au nombre d’heure de cours réalisées en présentiel par professeur.

Conformément aux règlements des études de 1er cycle, chaque étudiant en LMD devrait avoir 3 notes par cours avec pondération des différentes notes. Kindia, Kankan, Boké et Faranah ont effectivement appliqué cette réglementation. Cependant à Sonfonia et à Boké, le nombre de notes de cours varie de 2 à 3 par étudiant et le centre Universitaire de Labé n’a donné aucune information claire.
Par rapport au type de notation, les enseignants éprouvent des difficultés par rapport à l’utilisation de la notation littérale.

La promotion par matière à la fin du premier semestre n’a pas été suivie, ce qui constitue une situation anormale au regard du règlement des études.

4- Service de scolarité
A cause des raisons évoquées (multiplicité des charges de travail, modicité des ressources humaines et matérielles, la non utilisation du logiciel de gestion du LMD…) les services de scolarité n’ont pas fonctionné correctement. A titre d’illustration, le guide des étudiants n’a pas été élaboré, la gestion des notes n’a pas été effectuée conformément à la réglementation, ce qui explique la difficulté d’assurer la promotion par matière.

Pour cette 1ère année, les services de scolarité n’ont pas pleinement assumé leurs rôles dans le cadre du LMD.

5- Bibliothèque et Accès des enseignants et étudiants
En dépit de l’insuffisance des ressources documentaires suffisamment connues de tous, on note une certaine volonté d’améliorer la disponibilité et l’accès documentaire à travers quelques achats et dons de livres, les enseignants et les étudiants exploitent les ressources existantes de la bibliothèque. Le personnel de la bibliothèque reste à étoffer.

6- Difficultés majeures
Les principales contraintes rencontrées au cours de l’année sont :
• Contrairement à l’esprit du règlement des études du premier cycle, relatif au recrutement des étudiants du 1er cycle, cette première cohorte a été orientée directement par le ministère sans tenir compte des capacités d’accueil des programmes, ce qui a conduit aux grands effectifs reçus ;
• les 1ères années ont commencé tardivement les cours, ce qui a conduit à une durée anormale des semestres ;
• les effectifs pléthoriques de 150 à 200 étudiants par programme ont conduit à une augmentation des groupes pédagogiques et par conséquent la charge des professeurs ;
• les comités de programme n’ont pas toujours bien fonctionné dans la plupart des départements ;
• le niveau en français et en mathématiques de la plupart des étudiants reste faible ;
• l’absence de guide des étudiants dans les institutions a réduit l’accès des étudiants aux informations sur les contraintes du système ;
• la pléthore des étudiants a rendu quasi impossible la tenue des travaux pratiques ; de même que l’insuffisance des salles de classe qui se justifie par la taille des groupes pédagogiques ;
• l’absence d’espace de travail ainsi que de moyens de base pour les comités de programme ;

7- Suggestions et perspectives
Pour améliorer la situation, nous suggérons ce qui suit :
• Appliquer le règlement des études du 1er cycle dans le recrutement des étudiants dans les programmes ;
• Maîtriser les effectifs en vue de faciliter le suivi individuel et collectif des étudiants, (en moyenne 50 à 100 étudiants par groupe pédagogique) et d’atténuer le poids des évaluations ;
• Favoriser le démarrage à temps des cours ;
• L’octroi d’un espace de travail et équipements nécessaires aux Directeurs de programme ;
• Poursuivre et améliorer le fond documentaire ;
• Poursuivre la formation des enseignants impliqués dans le système.

A3. Calendrier préliminaire des travaux d’évaluation

Samedi 6 décembre : rencontre au PADES avec le Coordonnateur, Alpha Camara, Prof. Tidjane, Dr. Bobo Sow, Mawiatou et Bemba Camara.
Sujet à débattre : l’organisation et le calendrier

Lundi 9 h - 12 h 30 entrevues avec le comité LMD sur les résultats préliminaires de l’auto évaluation de la mise en œuvre du LMD réalisée par les IES

14 h 30 - 15 h 30 visite du campus de Sonfonia
15 h 30 - 17 h 30 entrevues avec le Recteur et ses principaux collaborateurs.

Mardi: 9 h 00 - 10 h 00 Focus groupe avec les étudiants LMD de Sonfonia
10 h 30 - 12 h 30 Focus groupe avec les Directeurs de programmes et enseignants de l’Université de Sonfonia.

Mercredi 9 h 00 - 10 h 30 visite de campus de l’université de Conakry
10 h 30 - 12 h 30 Focus groupes avec les Directeurs de programme et les enseignants de l’Université de Conakry.
14 h 30 - 16 h 30 Focus groupe avec les étudiants LMD de l’Université de Conakry.

Jeudi Préparation du rapport préliminaire.
Vendredi 9 h 30 - 11 h 30 Atelier de restitution du rapport
préliminaire.
12 h - 13 h : Compte rendu au Ministre

A4. Participants à l’atelier de restitution

1. Le Secrétaire Général
2. Le Conseiller Chargé de l’Enseignement Supérieur
3. Le Directeur National de l’Enseignement Supérieur Public
4. Le Directeur National de l’Enseignement Supérieur Privé
5. Dr. Alpha Camara DNESUP
6. Dr. Abdoulaye M’Bemba Camara Membre CPLMD
7. Dr. Mawiatou Bah Comité de Passage LMD
8. Dr. Bobo Sow Membre CPLMD
9. Dr. Soriba Sylla EPT
10. Le Recteur de l’Université de Conakry
11. Le Directeur des Etudes de l’Université de Conakry
12. Le Directeur du Programme de Licence Mathématiques de l’Université de Conakry
13. Le Directeur du Programme de Licence de Biologie de l’Université de Conakry
14. Le Directeur du Programme de Mastère en Informatique de l’Université de Conakry
15. Le Directeur du Programme de Mastère Maths de l’Université de Conakry
16. Le Recteur de l’Université de Sonfonia
17. Le Vice Recteur des Etudes de l’Université de Sonfonia
18. Le Directeur du Programme de Licence de Sociologie de l’Université de Sonfonia
19. Le Directeur du Programme de Licence de Langues Modernes de l’Université de Sonfonia
20. Le Directeur du Programme de Licence de Langue Français de l’Université de Sonfonia
21. Le Directeur du Programme de Licence Français de l’université Sonfonia
22. Le Directeur du programme de licence Droit
23. Le Doyen de la Faculté de Sciences Economiques et Gestion
24. Le Recteur de l’Université de Kankan
25. Dr. Mamadou Kodjougou Diallo BUC
26. Dr. Mamadou Kabirou Bah CERE
27. Le Chef de Service Scolarité Université de Sonfonia
28. Le Chef de Service Scolarité Université de Conakry
29. Le Directeur Général de l’ISIC
30. Le Doyen de la Faculté de Médecine Université de Conakry

A5. Synthèse des recommandations

Recommandation 1
Chaque institution se dote d’un mécanisme interne de vulgarisation du LMD. Cela peut notamment se traduire par la nomination d’une personne au niveau de l’institution ou d’une personne dans les facultés de chacune des institutions universitaires.

Recommandation 2
Le système éducatif guinéen s’assure que le système LMD ainsi que les programmes d’études disponibles soient présentés aux étudiants du lycée avant d’effectuer leur choix pour un programme universitaire.

Recommandation 3
Qu’une copie intégrale du règlement des études soit remise à chaque enseignant.

Recommandation 4
Qu’un document synthèse du règlement des études qui met l’accent sur les éléments importants du cheminement des étudiants soit produit et remis à chaque étudiant lors de son admission.

Recommandation 5
Que les textes réglementaires régissant les mécanismes et procédures d’approbation soient finalisés et diffusés à grande échelle dans toutes les IES.

Recommandation 6
Que chaque IES détermine la capacité d’accueil de chacun de ses programmes et convienne avec le ministère d’un nombre raisonnable de nouvelles admissions annuelles.

Recommandation 7
Que le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique reconnaisse par un acte officiel les directeurs de programme et que les ressources nécessaires à la réalisation de leur mandat soient mises à leur disposition.

Recommandation 8
Que les dispositions réglementaires relatives à la modulation du cheminement de l’étudiant qui rencontre des difficultés soient plus systématiquement mises en œuvre par les directions de programmes.

Recommandation 9
Que la durée des semestres soit respectée et que, dans les cas d’interruption, des mesures de rattrapage soient mises en place et validées par les autorités appropriées.

Recommandation 10
Que toutes les institutions s’assurent que tous leurs enseignants soient formés et outillés pour l’évaluation des grands groupes.

Recommandation 11
Le comité recommande que les IES bénéficient d’une augmentation importante des ressources humaines et matérielles. Celle-ci passe nécessairement par l’augmentation de la part du budget national consacrée à l’éducation.

Recommandation 12
Chaque IES implante le plus rapidement possible le logiciel de gestion du dossier étudiant développé par l’UQAM avec la collaboration des chefs des services de scolarité de la Guinée dans le cadre du projet LMD et s’assure que chaque service de scolarité soit équipé adéquatement pour répondre à toutes les responsabilités qui lui sont confiées, notamment en mettant à sa disposition des informaticiens qualifiés.